Nord Trail Monts de Flandres

Nord Trail Monts de Flandres

Organisé à Saint-Jans-Cappel, au cœur des Monts de Flandres et à proximité immédiate de la frontière belge, le Nord Trail Monts de Flandres (NTMF) s’impose comme un rendez-vous incontournable du trail dans le nord de la France. Avec des formats variés allant de 13 à 115 kilomètres, l’événement s’adresse à un large public, du coureur amateur à l’ultra-traileur expérimenté.

Un terrain exigeant aux allures trompeuses

Le parcours traverse les paysages emblématiques de la Flandre française, reliant des sites bien connus comme le Mont des Cats, le Mont Noir ou encore le Mont Rouge. Si l’altitude maximale reste modeste, culminant autour de 176 mètres, l’enchaînement constant de monts rend le tracé particulièrement exigeant.

Certaines distances proposent même un passage en Belgique, ajoutant une dimension transfrontalière à l’épreuve. Entre chemins agricoles, sentiers forestiers et panoramas ouverts sur la plaine flamande, le NTMF offre une expérience authentique, à la fois sportive et immersive.

Une mise en route atypique

Avant même de prendre le départ, l’épreuve commence de manière singulière. Le stationnement étant limité à Saint-Jans-Cappel, de nombreux participants, dont nous faisions partie, ont dû se garer à Bailleul, impliquant une marche d’environ 2,5 kilomètres jusqu’à la ligne de départ.

Loin d’être une contrainte, ce moment devient une transition douce vers la course : une mise en condition progressive, propice aux échanges et à la concentration. Dans une atmosphère fraîche mais ensoleillée, les conditions étaient idéales pour aborder l’épreuve sereinement.

Ironiquement, ces 2,5 kilomètres sont beaucoup plus faciles à l’aller qu’au retour. Après plusieurs heures d’effort, chaque pas pour rejoindre la voiture se fait un peu plus… réfléchi. Mais cette marche devient alors un prolongement de la course : on refait le parcours, on analyse les sensations, on partage les moments forts. Une sorte de débrief à chaud, entre fatigue et satisfaction, qui fait finalement partie intégrante de l’expérience.

Un objectif différent : tester pour progresser

Sur ce format de 42 kilomètres, l’objectif n’était pas la performance chronométrique. L’enjeu était ailleurs : valider une nouvelle stratégie nutritionnelle.

Lors des précédentes courses, des difficultés récurrentes avaient été identifiées : nausées, fluctuations d’énergie, baisses de régime. Pour cette édition, l’approche a été totalement repensée, avec la mise en place d’une stratégie nutritionnelle structurée via l’application MyRavito.

L’intérêt de cet outil va au-delà d’un simple plan de course : il permet de s’entraîner spécifiquement à la nutrition. En intégrant les produits réellement utilisés au quotidien, l’application construit un protocole personnalisé, adapté à l’effort prévu, tout en faisant évoluer progressivement l’apport en glucides en fonction des séances et du ressenti.

Pour cette course, un choix clair a été fait : repartir sur une base presque entièrement issue de Overstim.s, avec une logique de simplicité et de cohérence dans les apports.

Côté hydratation, le plan prévoyait deux flasques de 500 ml d’Hydrixir Ultra saveur citron, complétées par 1,5 litre d’eau en poche. Une base classique, mais essentielle pour assurer une absorption régulière.

Sur le plan solide, la stratégie était rythmée et progressive :

  • 30 minutes : gel “Coup de Fouet” aux fruits rouges
  • 1h20 : gel Energix goût fraise-banane
  • 2h40 : purée Ultra saveur fraise
  • 3h40 : gel aux fruits rouges de Baouw, pour varier les textures
  • 4h40 : gel Energix

Un dernier apport était initialement prévu, mais les prises réalisées au dernier ravitaillement, combinées à une bonne hydratation, ont suffi. Aucun besoin supplémentaire ne s’est fait ressentir — un signal plutôt positif sur la gestion globale.

Sur le papier, tout était précisément calibré : timing, quantités, diversité des apports. Mais en trail, la théorie reste toujours une hypothèse. Ce n’est que sur le terrain que la stratégie prend réellement sens.

Une course maîtrisée de bout en bout

Dès le départ, l’allure s’installe naturellement. Le terrain, relativement sec malgré les pluies de la veille, permet une progression fluide sur des portions variées.

Rapidement, un constat s’impose : la stratégie fonctionne. Les apports nutritionnels sont assimilés sans difficulté, l’énergie reste stable et aucune gêne digestive n’apparaît. Une situation inédite, marquant un véritable tournant dans la gestion de course.

Les kilomètres s’enchaînent dans de bonnes conditions, avec une sensation de contrôle rarement atteinte auparavant. La course n’est plus une lutte, mais une gestion maîtrisée de l’effort.

Les aléas du trail

Comme souvent en trail, la perfection n’existe pas. Aux alentours du 30e kilomètre, des douleurs apparaissent au niveau du fessier gauche, rapidement suivies par l’apparition d’ampoules aux pieds.

Ces désagréments rappellent une réalité essentielle : le trail ne se résume pas à courir. La performance repose sur un équilibre entre plusieurs facteurs — la gestion de l’effort, la nutrition (comme évoqué précédemment), mais aussi le renforcement musculaire, le choix du matériel et l’expérience accumulée à l’entraînement.

Sur cette course, certains détails ont probablement joué. J’avais opté pour une paire de chaussettes neuves, certes d’un modèle que j’utilise habituellement, mais encore jamais testée dans ces conditions. Un rappel assez classique, mais toujours utile : le jour de course n’est jamais le bon moment pour expérimenter.

Concernant la douleur au niveau du fessier, elle met en lumière un autre axe de progression. Si elle reste gérable, elle confirme néanmoins la nécessité de renforcer davantage cette zone. Le travail de renforcement musculaire, souvent relégué au second plan, apparaît ici comme un levier indispensable pour gagner en solidité sur la durée — et un bon rappel de l’importance de s’y tenir, notamment avec un objectif de deux séances hebdomadaires.

Ces éléments imposent une adaptation immédiate : descentes plus prudentes, foulée ajustée, rythme légèrement réduit. Toutefois, contrairement aux expériences passées, l’énergie reste présente. La fatigue musculaire est bien réelle, mais elle n’est pas amplifiée par une défaillance énergétique — ce qui change profondément la manière d’aborder la suite de la course.

Une arrivée révélatrice

La ligne d’arrivée est franchie en 5h50, avec environ 1 100 mètres de dénivelé positif. Sans sprint final ni effondrement, mais avec une lucidité et une réserve d’énergie encore perceptible.

Plus qu’un résultat, c’est une validation : celle d’un ajustement réussi.

Un enseignement clé

Ce trail, sans être un objectif majeur, s’est révélé particulièrement instructif. Il illustre une réalité essentielle en endurance : la progression ne repose pas uniquement sur l’entraînement physique, mais aussi sur la maîtrise des paramètres périphériques.

La nutrition, souvent sous-estimée, s’est avérée déterminante :

  • une énergie stable du début à la fin
  • aucune perturbation digestive
  • une capacité à maintenir l’effort malgré la douleur

Autant d’éléments qui transforment profondément l’expérience de course.

Perspectives : viser plus loin

Ce 42 kilomètres s’inscrit comme une étape dans une préparation plus ambitieuse. L’objectif à venir est désormais clairement identifié : l’Ultra Trail de la Côte d’Opale, avec ses 110 kilomètres exigeants.

Fort des enseignements tirés du NTMF, cette prochaine échéance sera abordée avec davantage de certitudes et de maîtrise.

Et peut-être, à terme, un retour sur les Monts de Flandres… cette fois sur le format 115 kilomètres.

Conclusion

Le Nord Trail Monts de Flandres ne restera peut-être pas comme la course la plus difficile ou la plus rapide. Mais elle s’impose comme une étape charnière : celle où tous les éléments se sont alignés.

Dans une discipline où les détails font la différence, cette expérience rappelle qu’un simple ajustement peut transformer en profondeur une performance.

Et parfois, c’est exactement ce qu’il faut pour franchir un cap.

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